XML - langage et applications (2e édition) de Alain Michard
Aperçu sur les méthodes de travail du W3C
NOTE : L'information fournie ici est un résumé non officiel de qui figure sur le site du W3C. L'auteur ne représente pas le W3C et ce résumé n'engage en rien le Consortium.
Fondé en 1994, le W3C est un consortium d'entreprises. Il n'accepte pas l'adhésion d'individus. En 1998, il compte environ 250 membres : entreprises des technologies de l'information, grands utilisateurs (par exemple EDF ou Matra-Hachette en France), et quelques centres de recherche. Le président du consortium est un français : Jean-François Abramatic.
Leur objectif
contibuer au développement et à la standardisation du Web.
Les moyens
- Un laboratoire propre, bi-localisé au MIT et à l'INRIA, à peu près en parts égales, et une petite équipe à Keio University au Japon. Au total, une cinquantaine de personnes, payées grâce aux ressources que constituent les adhésions des membres. Le directeur scientifique du W3C est Tim Bernes-Lee.
- Des bureaux de représentations dans différents pays : au CLRC en Grande Bretagne, à la GMD en Allemagne, etc. Les bureaux européens sont subventionnés par la Commission Européenne.
- Surtout, et c'est le plus important à tous points de vue, des groupes de travail spécialisés, constitués pour l'essentiel par des chercheurs et ingénieurs représentants les membres du Consortium. Il y a environ un vingtaine de groupes de travail (le nombre varie d'une année à l'autre), qui représentent ensemble un équivalent plein temps d'environ 200 personnes.
La méthode
Elle basée sur la construction progressive de consensus.
- Tout individu, et bien sûr chaque membre du Consortium peut proposer une nouvelle activité s'il pense qu'elle est nécessaire au développement harmonieux du Web et qu'elle relève bien du W3C. En général, une proposition prend la forme d'une soumission d'un document de travail au Consortium. Après filtrage par le directeur, ces soumissions son placées sur le serveur Web du W3C avec la mention "Note submitted to the W3C". Les membres sont invités à faire savoir au directeur ce qu'ils pensent de la proposition : le domaine abordé est-il important pour le consortium, l'approche proposée est-elle crédible, etc.
- Si la soumission éveille un écho favorable de la part d'un nombre suffisant de membres, le directeur peut proposer la création d'une nouvelle activité. Celle-ci va être décrite dans un activity briefing package très précis: calendrier, moyens, résultats attendus, etc. Le comité consultatif dans lequel tous les membres sont représentés se prononce (par e-mail) sur l'opportunité d'engager des moyens sur cette activité. Lorsque la majorité est favorable, l'activité est lancée. Elle peut être confiée à un groupe de travail existant, ou à un nouveau groupe de travail ad hoc.
- Un groupe de travail se voit confier une ou plusieurs activités. Il est constitué de 12 à 30 personnes environ, mises à disposition par leur entreprise pour cette tâche. Les aspects pratiques du travail (organisation des téléconférences, des réunions, production des documents, etc.) sont en général assurés par des membres du laboratoire propre du W3C. Un groupe de travail peut inviter un ou des experts extérieurs au Consortium, en raison de leurs compétences reconnues. Ces experts signent alors un accord de confidentialité.
- En général, le groupe de travail s'entoure des avis d'un groupe élargi, le special interest group, lui aussi composé de représentants des membres, et éventuellement de quelques experts invités. A la différence des précédents, les membres du groupe d'intérêt ne s'engagent pas à travailler à plein temps sur l'activité W3C, mais a y consacrer environ 20% de leur temps.
- Le groupe de travail travaille par e-mail, par conférences téléphoniques hebdomadaires, et se rencontre physiquement deux ou trois fois par an. Il publie à intervals réguliers des working drafts qui reflètent le consensus obtenu à un moment donné par le groupe dans son travail de standardisation. Tous les membres, et tous les experts extérieurs qui le souhaitent, sont invités à réagir et à commenter les working-drafts. Les commentaires des implémenteurs précurseurs sont pris très au sérieux.
- Lorsque le groupe de travail estime qu'il est parvenu à une spécification stable et utile, il propose au directeur la publication d'une proposition de recommendation (Proposed Recommendation). Les membres sont invités à voter (vote électronique). Au vue du vote des membres et des observations reçues de tous les experts extérieurs, le directeur décide alors de la publication d'une Recommendation.
Une W3C Recommendation est donc un standard industriel, représentant le consensus de 250 entreprises, parmi lesquelles se trouvent les plus grands fournisseurs des T.I. et quelques uns de leurs plus gros clients.
Dans certains cas, un standard W3C peut être proposé à l'IETF (Internet Engineering Task-Force) en vue d'acquérir le statut de standard Internet. Cela a été notamment le cas pour HTTP, et pour les URLs.
Par ailleurs, le laboratoire propre du Consortium réalise des implémentations de référence (Libwww, Amaya, Jigsaw, SiRPAC, etc...) dont l'objectif principal est de prouver la possibilité d'une implémentation efficace des standards du W3C. Ces implémentations ne sont pas des produits destinés aux utilisateurs finaux.
Cette présentation des principes de travail du W3C étant très simplifiée, je vous conseille si vous voulez en savoir plus, d'aller directement aux sources :
La standardisation de XML
Les travaux relatifs à la standardisation de XML ou qui concernent directement XML sont réalisés par les groupes de travail suivants (situation au 30 août 98) :
- XML-CG
- XML Coordination Committee. Associe les présidents des autres groupes XML pour asurer la coordination des tâches.
- XML-IG
- XML Interest Group : associe tous les particpants aux groupes spécialisés XML pour veiller à la cohérence de leurs travaux.
- XML-Data Model
- Groupe de travail chargé d'élaborer le modèle sur lequel se fondent les différents traitements XML.
- XML Schemas
- Groupe en charge de définir les "schémas XML" et les types de données XML.
- Canonical XML
- Groupe chargé de définir un sous-ensemble de XML suffisant pour la plupart des applications ne nécessitant pas la validation (au sens de SGML) des documents.
- XML fragments interchange
- Groupe chargé de définir les mécanismes permettant l'accès et le traitement de fragments de documents XML.
- XML XLL
- Groupe de travail chargé d'élaborer le standard des liens et des pointeurs XML.
- XSL
- Groupe de travail chargé d'élaborer la version standardisée de XSL.
- RDF - Syntax
- Groupe chargé de définir la syntaxe et le modèle de base de RDF.
- RDF Schemas
- Définit les "schémas RDF".
- DOM
- Groupe chargé d'élaborer le Document Object Model (modèle selon lequel les documents HTML ou XML sont "exposés" (accédés) aux applications, notamment les butineurs).


