Les bonnes pratiques du Web tout le monde en parle, mais qu'est-ce que c'est ? À quoi ça sert ? Comment les mettre en pratique ? Elie Sloïm, auteur du mémento Sites Web, les bonnes pratiques nous en dit un peu plus sur ces critères qui font la qualité d'un site...
Elie Sloïm : L'idée de recenser les bonnes pratiques du web vient d'une observation simple : même le meilleur des administrateurs de site ne peut penser à tout lors de la création d'un site.
Sur des points aussi variés que la navigation, la configuration du serveur, la gestion des erreurs, l'accessibilité, etc., il est très difficile de tout connaître et de penser à tout. Ces compétences ne sont pas forcément présentes dans des équipes web qui sont souvent réduites. Ce mémento permet d'avoir en permanence à sa disposition un ensemble de bonnes pratiques au format poche et bien sûr de vérifier à tout moment sur son site que l'on n'a rien oublié.
Finalement, ces bonnes pratiques s'adressent à tous les amateurs ou professionnels, qui contribuent de près ou de loin à la production de sites Internet, et qui ne veulent rien laisser au hasard dans le cadre de cette activité.
E.S. : La qualité est une notion très complexe, qui varie beaucoup suivant
le point de vue des observateurs. En ce qui nous concerne, nous avons proposé un modèle en cinq
points pour résumer les exigences des utilisateurs : Visiblité, Perception,
Technique, Contenus, Services associés (VPTCS).
Ce modèle appelé aussi par les initiales VPTCS, permet de déduire très rapidement une multitude
de critères de qualité. C'est d'ailleurs ce modèle qui a servi à produire la version préliminaire
des bonnes pratiques du Web.
E.S. : Après quinze ans de développement du Web, des bonnes pratiques
se dégagent. Les bonnes pratiques sont mises au point et testées conjointement par toute la
communauté des créateurs de sites et par les utilisateurs de ces sites.
Notre rôle est bien modeste au regard de cet enjeu collectif : nous nous sommes contentés de
recenser ces bonnes pratiques, de les formuler le plus clairement et le plus précisément possible,
de fixer des règles pour les sélectionner, et de veiller à ce qu'elles soient validées par environ
150 contributeurs d'une quinzaine de pays.
Notre rôle n'est donc pas de créer les bonnes pratiques, mais de les formuler
le plus clairement possible de façon à les rendre intelligibles pour tout webmaster,
même débutant.
D'ailleurs, les bonnes pratiques ne nous appartiennent pas, puisqu'elles sont
diffusées gratuitement, modifiables et réutilisables, même dans un cadre commercial,
sous licence Creative Commons BY-SA.
S.B. : Opquast est un ensemble de bonnes pratiques pour la qualité des
services en ligne. Après avoir produit la première version de ce référentiel, nous nous sommes
rapidement rendus compte qu'un tel outil n'avait d'intérêt que si tout un chacun pouvait
évaluer son site au regard des bonnes pratiques que nous proposions.
Nous avons donc créé un outil de suivi, essentiellement manuel pour l'instant,
qui permet de faire un contrôle qualité de site, de suivre ses résultats, d'éditer des rapports
d'audit, ou encore de publier une déclaration qualité publique.
Le service est gratuit pour la gestion d'un maximum de trois sites. Les professionnels
préfèrent quant à eux des offres payantes pour gérer la qualité de plusieurs
projets, et également pour industrialiser et faire connaître la qualité de leurs réalisations.
E.S. : Le mémento
Sites Web - Les bonnes pratiques contient toutes les bonnes pratiques, et même
un peu plus. Il présente tout d'abord le modèle VPTCS (Visiblité, Perception, Technique,
Contenus, Services), dont je parlais plus haut.
Il liste ensuite les bonnes pratiques valables pour tous les sites et celles dédiées
à un service particulier (fils RSS, E-commerce, Listes de diffusion).
Enfin, il présente une série de sites utiles pour mieux connaître la qualité Web.
E.S. : Je suis co-fondateur du projet avec Fabrice Bonny. Je dirige également la société Temesis, qui porte le projet depuis sa création, et j'assure la direction du projet au jour le jour.
Propos recueillis par Laetitia Maraninchi.